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Les chats en Égypte

  • voyages58
  • il y a 4 jours
  • 4 min de lecture
Article écrit par G.Théron

Compagnon fidèle de l’Homme depuis des temps immémoriaux, c’est en Égypte que l’adoration de ce félin prit une toute autre ampleur par un culte religieux dédié. Aujourd’hui nous essayerons de comprendre comment le chat est arrivée dans ces contrées florissantes de la vallée du Nil, ainsi que la cohabitation qui en découle avec les égyptiens.


L’ancêtre sauvage

Partons des origines, le chat domestique (Felis catus) descend directement du chat sauvage africain (Felis silvestris lybica), une sous-espèce encore présente aujourd’hui en Afrique du Nord et au Proche-Orient. Les études génétiques confirment que cette lignée est à l’origine de tous les chats domestiques modernes. C’est de là que nos compagnons à quatre pattes tiennent leur tempérament solitaire, territorial et leurs compétences de chasseurs hors pairs.

Felis silvestris lybica
Felis silvestris lybica

Contrairement à d’autres animaux (comme les chiens ou les moutons), les chats ne furent pas « domestiqués » au sens strict par l’homme. C’est une domestication commensale : les chats se sont approchés des humains pour profiter des ressources (déchets, rongeurs attirés par les stocks de grains), et les humains ont toléré, puis encouragé leur présence pour leur utilité.

On retrouve des preuves archéologiques d’une « domestication » dans certaines civilisations très anciennes : notamment à Chypre (7 500–7 000 av. J.-C.), où une sépulture à Shillourokambos contient un chat enterré aux côtés d’un humain, suggérant une relation précoce. Dans le croissant fertile (5 000–4 000 av. J.-C.), où des ossements de chats trouvés en Mésopotamie et en Égypte montrent une cohabitation avec les premières sociétés agricoles. Et évidemment en Égypte (2 000 av. J.-C.), où les chats deviennent des animaux vénérés, comme en témoignent les momies et les représentations artistiques.

On observe deux vagues majeures de migration : une première vague depuis le Proche-Orient vers l’Égypte il y a environ 6 000 ans. Puis une seconde vague depuis l’Égypte vers l’Europe et l’Asie il y a 3 000–2 000 ans. Il y a en vérité peu de changements génétiques entre le génome du chat domestique et de celui de son ancêtre sauvage. C’est la preuve d’une domestication récente et peu intensive.


Le cas égyptien


Dans l’Égypte antique, les chats occupaient une place unique, à la fois dans la vie quotidienne et dans la spiritualité. Ils étaient vénérés comme des protecteurs et associés à des divinités. Il furent rapidement considérés comme des compagnons indispensable dès le Moyen Empire (vers 2000 av. J.-C.). Leur rôle principal ? Protéger les réserves de grains des rongeurs et des serpents, deux fléaux majeurs dans une civilisation agricole en pleine essor. Leur efficacité à chasser les nuisibles leur valait le respect des paysans et des nobles.

Les fouilles archéologiques, comme celles de la nécropole de Bubasteïs (Tell Bubastis), ont révélé des squelettes de chats enterrés avec soin, parfois même momifiés, preuve de leur importance sociale.


Les chats étaient bien plus que de simples animaux utiles : ils étaient sacrés. La déesse Bastet, souvent représentée sous les traits d’une femme à tête de chat ou d’une chatte majestueuse, symbolisait la joie, la fertilité, la musique et la protection. Son culte, centré à Bubastis (dans le Delta du Nil), attirait des milliers de pèlerins.

Déesse Bastet
Déesse Bastet

Hérodote, historien grec, décrivit cette ville comme un lieu où les chats étaient choyés et où leur mort accidentelle était un crime puni de peine capitale. En effet, tuer un chat, même accidentellement, était considéré comme un sacrilège. Les chats bénéficiaient également d’une protection légale : les exportations de chats hors d’Égypte étaient interdites, afin d’empêcher leur dispersion et de préserver leur pureté sacrée. Les Égyptiens croyaient que les chats possédaient une connexion directe avec les dieux. Leur capacité à voir dans l’obscurité était interprétée comme une preuve de leur lien avec le monde spirituel. Des millions de chats furent momifiés, soit comme offrandes à Bastet, soit comme compagnons pour l’au-delà. Les archéologues ont découvert des nécropoles entières dédiées aux chats, comme à Saqqarah, où des milliers de momies félines reposent encore. Ces momies, souvent enveloppées dans des bandelettes de lin et placées dans des sarcophages en bois ou en bronze, témoignent de l’importance spirituelle de ces animaux.


Dans l’art égyptien, les chats sont souvent représentés assis sous les chaises de leurs maîtres, ou aux pieds des pharaons, symbolisant leur statut privilégié. Leur élégance et leur indépendance fascinaient les artistes, qui les dépeignaient avec une grande précision, comme en témoignent les fresques des tombes de Thèbes.

Leur association avec la lune (à travers Bastet) et le soleil (via le dieu Rê, parfois représenté sous la forme du chat solaire) renforçait leur image de médiateurs entre les mondes visible et invisible.


Finalement, les chats en Égypte antique étaient bien plus que des animaux domestiques. Ils étaient des protecteurs, des symboles divins et des compagnons sacrés, dont l’héritage perdure à travers les siècles. L’influence des chats égyptiens s’étendit bien au-delà des frontières de l’Égypte. Les Grecs et les Romains, impressionnés par leur vénération, adoptèrent à leur tour des chats comme animaux de compagnie. Aujourd’hui encore, les chats conservent une aura mystérieuse, héritée de leur passé divin en Égypte ancienne. Tantôt associés à l’ésotérisme, tantôt à des complots de domination mondiale, le chat domestique est encore sujet à de nombreux fantasmes qui souligne l’aspect énigmatique de ces félins. Alors pour ceux qui souhaiteraient découvrir les chats d'Égypte, n'hésitez pas à faire le premier pas et réservez votre voyage en Égypte dès maintenant.

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