Zoom sur le temple d’Hatshepsut
- voyages58
- 17 janv.
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 19 janv.
Article écrit par G.Théron

Notre regard se tourne aujourd’hui sur le temple éponyme d’une grande reine d’Égypte : Hatshepsut. Pour continuer notre série sur les temples égyptiens les plus iconiques, celui d’Hatshepsut, situé sur la colline surplombant la vallée des rois, semble être un passage obligé pour les égyptophiles. Alors explorons ensemble ce lieu sacré thébain.
L’histoire d’une femme extraordinaire
Le temple d’Hatshepsut, aussi appelé Deir el-Bahari, est situé sur la rive ouest du Nil, face à la ville de Louxor. Ce temple funéraire est à la gloire d’une personnalité toute particulière de l’Égypte antique : la reine-pharaon Hatshepsut. Cette dernière appartient à la XVIIIᵉ dynastie et règne vers 1479–1458 avant J-C, une période considérée comme l’âge d’or du Nouvel Empire. Elle est la fille du pharaon Thoutmôsis Ier, et est destinée à jouer un rôle secondaire, comme beaucoup de femmes de la famille royale. Comme la tradition de la pureté du sang l’exige, elle épouse son demi-frère Thoutmôsis II, qui deviendra par la suite pharaon. À la mort de ce dernier, le trône revient officiellement à Thoutmôsis III son fils, encore enfant. Cependant, pour des raisons politiques et religieuses, le pouvoir de droit divin du pharaon ne peut-être assuré par un enfant, son immaturité ne peut en faire l’intermédiaire efficient des dieux. Hatshepsut exécute alors la régence du royaume.

Au fil du temps, Hatshepsut affirmera sa place comme pharaon et non plus comme reine régente uniquement. A-t-elle pour autant subtilisé le pouvoir à Thoutmôsis III ? Pas exactement, en réalité les historiens et les archéologues s’accordent à dire que cette période fut un règne commun. En effet, cette reine mère était auparavant, une personnalité très influente de la société thébaine. S’étant associé au puissant clergé d’Amon, elle avait déjà le titre d’épouse du dieu Amon. Cela lui octroyait un grand pouvoir politique et religieux qui lui conférait des terres, des richesses et du personnels issus du clergé à son service. Hatshepsut n’a donc pas obtenu son titre uniquement par opportunisme, elle se destinait déjà à une place plus importante que celle des femmes normalement issues de la famille royale.
Après son couronnement au titre de pharaon, elle adopta les attributs traditionnels des rois : barbe postiche, némès (coiffe royale) et titulature masculine. Elle gouverna au XVe siècle av. J.-C., durant la XVIIIᵉ dynastie. Son règne fut marqué par la paix, la prospérité et le développement du commerce, notamment avec le pays de Pount (Érythrée, Djibouti et Somalie actuelle).
Un temple à l’architecture unique
Le temple d’Hatshepsut se distingue par son architecture que l’on qualifierait de monumentale et d’harmonieuse. Il fut conçu par l’architecte Senenmout, un homme très influent sous le règne de la reine-pharaon, puisqu’il cumule de nombreux titres et responsabilités. Son nom, et même son image, gravées à l’intérieur du temple suggèrent assurément une proximité (au moins politique) entre les deux protagonistes.
Pour revenir au temple, l’édifice est composé de trois terrasses superposées, reliées par des rampes centrales. Ces terrasses s’intègrent parfaitement à la falaise thébaine qui se dresse derrière le monument, créant un ensemble spectaculaire.
Des colonnades élégantes bordent chaque niveau du temple, tandis que l’axe central mène vers le sanctuaire, autrefois dédié au dieu Amon. Cette structure innovante contraste avec les temples plus massifs construits à la même époque.
Les murs du temple sont décorés de reliefs finement sculptés. Ils racontent notamment la naissance divine d’Hatshepsut, destinée à justifier son pouvoir, ainsi que l’expédition commerciale vers le pays de Pount, célèbre pour ses richesses comme l’encens, l’or et les animaux exotiques. Ces scènes constituent une source précieuse pour les historiens.
Après la mort d’Hatshepsut, son successeur Thoutmôsis III fit marteler de nombreuses représentations de la reine, comme il était d’usage dans les dynasties pharaoniques. L’objectif étant pour le nouveau roi d’affirmer son pouvoir et sa supériorité sur ses prédécesseurs. Malgré ces destructions, le temple a traversé les siècles. Il fut redécouvert et restauré progressivement, et est aujourd’hui l’un des sites les plus visités de la région de Louxor.
Visiter le temple d’Hatshepsut

Pour un visiteur, le plus gros point noir de ce temple, c’est assurément son exposition au soleil et sa quasi absence de zone d’ombre. Il devient rapidement désagréable, voir difficile, de visiter ce temple durant les périodes estivales. Alors il faut se prémunir avec une bonne hydratation, des vêtements couvrants et surtout privilégier les visites le matin. Enfin, on ne peut évoquer ce temple sans oublier les événements terroristes de 1997 qui ont couté la vie à 62 personnes (principalement des touristes suisses) au sein même du site. Aujourd’hui le lieu est largement sécurisé, et n’est pas accessible directement, un circuit, passant notamment par une allée de boutique, sert de zone tampon. En outre, c’est tout le secteur de la falaise thébaine, comprenant la vallée des rois et des reines, les colosses de Memnon, ainsi que le temple de Mendinet Habu qui sont sujet à de nombreux points de passage contrôlés.




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